Les chaussures orthopédiques sont remboursées par l’Assurance maladie sous conditions précises. Prescription médicale obligatoire, achat chez un fournisseur agréé, inscription à la LPPR : chaque critère détermine la prise en charge. Ce guide détaille les montants remboursés, les démarches à suivre et les pathologies qui ouvrent droit au remboursement.
Les deux types de chaussures orthopédiques remboursables
L’Assurance maladie distingue deux catégories de chaussures inscrites à la Liste des produits et prestations remboursables (LPPR). Les chaussures orthopédiques sur mesure (CHPO), fabriquées spécifiquement pour compenser une déformation permanente du pied. Les chaussures thérapeutiques à usage temporaire, communément appelées chaussures Chut, conçues pour les suites post-opératoires ou les affections temporaires.
Seules les chaussures figurant à la LPPR donnent lieu à un remboursement. Un modèle vendu en pharmacie ou en magasin spécialisé, même accompagné d’une ordonnance, ne bénéficie d’aucune prise en charge s’il n’est pas inscrit sur cette liste. La LPPR est consultable gratuitement sur ameli.fr.
Certaines marques comme Podowell proposent des modèles inscrits à la LPPR. Les chaussures Scholl grand public, en revanche, ne figurent pas dans cette liste et ne sont pas remboursables par la Sécurité sociale.
Les conditions pour bénéficier du remboursement
Trois conditions cumulatives s’appliquent pour toute demande de prise en charge. D’abord, une ordonnance médicale délivrée par un médecin généraliste, un rhumatologue, un chirurgien orthopédiste ou un podologue. Ensuite, un achat exclusivement chez un orthésiste-podorthésiste agréé par l’Assurance maladie, référencé sur l’annuaire ameli.fr. Enfin, une pathologie correspondant aux indications reconnues par la LPPR.
Les affections principales permettant d’obtenir des CHPO comprennent :
- Pied diabétique classé grade 2 ou 3
- Polyarthrite rhumatoïde avec déformation plantaire
- Séquelles de fractures ou d’interventions chirurgicales
- Pied creux ou pied plat sévère et symptomatique
- Amputations partielles ou malformations congénitales du pied
L’arthrose sévère des membres inférieurs constitue aussi une indication reconnue. Les patients souffrant d’arthrose du genou évoluée développent parfois des compensations posturales qui nécessitent un chaussage orthopédique adapté.
Montants pris en charge par la Sécurité sociale
Le taux standard de remboursement est de 65 % du tarif de responsabilité fixé par la CPAM, pour les assurés du régime général. Ce taux monte à 100 % pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) et pour les patients relevant d’une affection longue durée (ALD) justifiant l’appareillage.
| Type de chaussure | Tarif de base LPPR | Remboursement Sécu (65 %) |
|---|---|---|
| CHPO adulte - thermoformage | environ 55 € | environ 36 € |
| CHPO adulte - moulage | environ 130 à 215 € | environ 85 à 140 € |
| Chaussures Chut adulte | environ 30 € | environ 19 à 20 € |
| CHPO enfant (par paire) | environ 40 à 80 € | environ 26 à 52 € |
Tarifs indicatifs issus de la LPPR, à confirmer auprès de votre CPAM.
Le renouvellement des CHPO adulte est pris en charge une fois par an pour une pathologie stable. En cas de déformation rapide ou chez l’enfant en croissance, la fréquence passe à deux paires par an.
La démarche pour obtenir le remboursement
Le processus se déroule en quatre étapes définies par l’Assurance maladie :
- Le médecin rédige l’ordonnance en précisant le type de chaussure, la pathologie et l’indication médicale.
- Le patient consulte un orthésiste-podorthésiste agréé qui réalise les mesures ou le moulage du pied.
- L’orthésiste soumet une demande d’entente préalable à la CPAM avant toute fabrication.
- Après accord, la feuille de soins est transmise à la CPAM pour déclencher le remboursement.
L’entente préalable est obligatoire pour les CHPO. L’Assurance maladie dispose de 15 jours ouvrables pour répondre. En l’absence de retour dans ce délai, l’accord est réputé acquis. Démarrer la fabrication avant l’accord expose au risque de refus de prise en charge.
Le remboursement intervient généralement sous 7 à 10 jours ouvrables après réception de la feuille de soins. Le suivi est accessible directement sur le compte ameli.fr de l’assuré.
Le rôle de la mutuelle dans la prise en charge
La complémentaire santé prend en charge le ticket modérateur, soit les 35 % restants non couverts par la Sécurité sociale. Pour les contrats responsables, cette couverture est une obligation légale sur les produits inscrits à la LPPR.
Les mutuelles haut de gamme vont au-delà et remboursent un dépassement de tarif allant parfois jusqu’à 200 ou 300 % du tarif de base. Un devis de l’orthésiste permet de comparer son prix avec le tarif LPPR avant de s’engager. L’écart peut être significatif pour les CHPO par moulage sur mesure.
Avant toute démarche, vérifiez les garanties de votre contrat dans la rubrique “orthopédie” ou “petit appareillage”. Certains contrats prévoient un forfait annuel global incluant semelles orthopédiques et chaussures ; d’autres distinguent les deux postes.
Chaussures Chut : remboursement et conditions spécifiques
Les chaussures Chut s’adressent aux patients en phase post-opératoire ou en traitement actif d’une pathologie aiguë du pied. Elles permettent la déambulation sans contraindre la plaie, l’oedème ou la cicatrice. Leur conception - ouverte ou rigide - dépend de l’indication clinique.
Un médecin généraliste, un podologue ou un chirurgien orthopédiste peut les prescrire. La prise en charge est limitée à une paire par an, sauf prescription motivée pour un nouvel épisode. Le tarif de base remboursé par la Sécurité sociale est d’environ 30 euros, soit un remboursement d’environ 19 à 20 euros pour un patient en régime général.
Les patients en convalescence après une fracture du col du fémur reçoivent souvent une prescription de chaussures Chut pour sécuriser leurs premiers appuis. Une entorse de la cheville opérée peut également justifier ce type de chaussure temporaire pour protéger la réparation ligamentaire.
Chaussures orthopédiques pour femmes : même prise en charge
Les femmes bénéficient des mêmes conditions de remboursement que les hommes. Aucune différence de taux ne s’applique selon le sexe. L’indication médicale et la conformité à la LPPR restent les seuls critères déterminants.
L’hallux valgus sévère, déformation fréquente chez les femmes à partir de 50 ans, peut justifier des CHPO sur mesure lorsque les traitements conservateurs ont échoué. Une pathologie associée comme l’ostéoporose après 60 ans renforce l’intérêt d’un chaussage stable et enveloppant, pour réduire le risque de chute et de fracture. Les CHPO féminines respectent les mêmes tarifs LPPR que les modèles masculins.
Questions fréquentes
Qui peut prescrire des chaussures orthopédiques ?
Un médecin généraliste, un rhumatologue, un chirurgien orthopédiste ou un podologue sont habilités à rédiger l’ordonnance. La prescription médicale est le premier document à obtenir avant toute démarche auprès d’un orthésiste agréé.
Comment se faire rembourser des chaussures Chut ?
Présentez l’ordonnance chez un prestataire agréé, attendez l’accord de la CPAM suite à la demande d’entente préalable, puis récupérez les chaussures. La feuille de soins transmise à l’Assurance maladie déclenche le remboursement sous 7 à 10 jours ouvrables.
Les chaussures Scholl sont-elles remboursées par la Sécurité sociale ?
Les modèles Scholl grand public ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. Seules les chaussures inscrites à la LPPR et achetées chez un fournisseur agréé donnent droit à la prise en charge. Le remboursement dépend du produit, pas de la marque.
