Santé Orthopédique

Arthrose de la hanche : signes, traitements, prothèse

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Arthrose de la hanche : signes, traitements, prothèse

L’arthrose de la hanche, ou coxarthrose, use le cartilage qui recouvre la tête du fémur et le cotyle du bassin. Elle se signale par une douleur du pli de l’aine à la marche, une raideur croissante, parfois une boiterie. Activité physique, kinésithérapie et perte de poids forment le socle du traitement ; la prothèse intervient quand la gêne devient invalidante.

Une articulation porteuse, cachée au pli de l’aine

La hanche n’est pas l’os saillant que vous sentez sur le côté du corps : ce relief correspond au bassin ou au grand trochanter, la bosse latérale du fémur. L’articulation se loge en profondeur, juste derrière le pli de l’aine. La tête du fémur, sphérique, y tourne dans une cavité du bassin, le cotyle, et les deux surfaces portent un cartilage lisse qui encaisse le poids du corps à chaque pas.

Dans une hanche arthrosique, ce cartilage s’amincit, se fissure puis disparaît par zones, tandis que l’os voisin se densifie et forme des becs, les ostéophytes. D’après le dossier de l’Inserm publié en 2022, l’arthrose concerne environ 10 millions de Français, et la hanche est en cause dans à peu près 10 % des cas. L’âge pèse lourd : 3 % des moins de 45 ans sont touchés, contre 65 % des plus de 65 ans, toutes articulations confondues.

Le plus souvent, l’usure s’installe avec les années sans cause identifiable. Plus tôt dans la vie survient une coxarthrose secondaire, sur une hanche fragilisée par :

  • une dysplasie, quand le cotyle couvre mal la tête du fémur ;
  • un conflit fémoro-acétabulaire entre le col du fémur et le rebord du cotyle ;
  • une ostéonécrose de la tête fémorale ;
  • une maladie de hanche de l’enfance ou un traumatisme ancien.

Ces formes méritent un bilan précis, car certaines se corrigent avant la destruction du cartilage. L’Inserm cite aussi parmi les facteurs de risque l’excès de pression sur l’articulation, les désordres métaboliques comme le diabète et l’obésité, et une part génétique. Le port répété de charges lourdes au travail figure également parmi les situations à risque.

Reconnaître une arthrose de la hanche à ses signes

Une douleur mécanique, de l’aine vers le genou

La douleur typique siège au pli de l’aine et descend souvent sur la face avant de la cuisse, parfois jusqu’au genou. Ce trajet piège patients et médecins : un genou radiographié pour rien alors que la hanche est en cause reste un classique. La douleur se réveille à la marche, dans les escaliers ou après une station debout prolongée, puis se calme au repos. Le matin, quelques minutes suffisent à dérouiller l’articulation. Des douleurs qui réveillent la nuit signent plutôt une poussée inflammatoire ou un stade avancé.

Les gestes du quotidien qui deviennent difficiles

La raideur progresse sans bruit et se révèle dans les gestes ordinaires. La hanche perd d’abord sa rotation interne et sa flexion, d’où des difficultés pour :

  • enfiler chaussettes et chaussures ;
  • entrer dans une voiture basse et en sortir ;
  • croiser les jambes en position assise ;
  • se relever d’un fauteuil profond.

La boiterie apparaît ensuite, le buste penchant du côté douloureux à chaque pas. Le périmètre de marche, cette distance parcourue avant que la douleur n’oblige à s’arrêter, raccourcit au fil du temps : un repère simple pour suivre l’évolution d’une consultation à l’autre.

Quand la douleur vient d’ailleurs

Une douleur sur le côté, au-dessus de la bosse du trochanter, qui gêne pour dormir sur ce flanc, évoque plutôt une tendinopathie des fessiers. Une douleur de la fesse qui descend derrière la cuisse oriente vers le dos : une sciatique liée à une hernie discale lombaire donne ce tableau, et les deux problèmes coexistent parfois chez la même personne. Une douleur brutale après une chute avec impossibilité de s’appuyer, ou une hanche douloureuse avec de la fièvre, relèvent d’un avis médical rapide.

Personne vue de dos assise au bord d’un lit, prête à se lever dans une chambre baignée de lumière matinale

Examen et radiographie : comment le diagnostic se pose

Le médecin traitant pose le plus souvent le diagnostic, parfois avec l’appui d’un rhumatologue. Il observe la marche, compare la longueur des membres et teste les amplitudes, vous allongé sur la table : une rotation interne limitée et douloureuse compte parmi les signes d’une coxarthrose débutante.

Selon l’Inserm, le diagnostic de l’arthrose repose sur l’examen clinique et des radiographies. Pour la hanche, le cliché du bassin de face, complété d’un profil du côté douloureux, recherche :

  • le pincement de l’interligne, signe d’un cartilage aminci ;
  • les ostéophytes en bordure de l’articulation ;
  • la condensation de l’os juste sous le cartilage ;
  • les géodes, petites cavités creusées dans l’os.

L’IRM et le scanner se réservent aux cas où la radiographie reste normale malgré des signes nets, pour rechercher une ostéonécrose par exemple. Autre point : l’image ne dit pas tout. Une hanche très abîmée sur le cliché peut rester peu douloureuse, et l’inverse existe ; la décision se fonde donc sur la gêne réelle. Les analyses de sang, normales dans l’arthrose, servent surtout à écarter une autre maladie.

Soigner une hanche usée sans passer par le bloc

Aucun traitement ne fait repousser le cartilage. L’objectif : calmer la douleur et préserver la mobilité le plus longtemps possible. Les recommandations internationales placent les mesures non médicamenteuses au premier plan, les médicaments en appui.

Bouger chaque jour, à la bonne dose

Les recommandations de l’EULAR publiées en 2018 font de l’activité physique une partie intégrante des soins de l’arthrose de la hanche et du genou, à tous les stades. L’OARSI, en 2019, place l’éducation du patient et les exercices structurés au cœur du traitement de l’arthrose de hanche, et l’American College of Rheumatology range la même année l’exercice et le tai-chi parmi ses recommandations fortes. Concrètement, un programme utile combine :

  • l’endurance douce : marche, vélo à faible résistance, nage ;
  • le renforcement des fessiers et des cuisses, qui stabilisent le bassin ;
  • les étirements, pour garder l’extension et la rotation de la hanche.

Sur prescription, le kinésithérapeute entretient l’extension, qui se perd vite quand la journée se passe assise, et renforce le moyen fessier, ce muscle latéral qui empêche le bassin de basculer. Il corrige la marche, apprend l’usage de la canne et vous laisse des exercices à poursuivre seul.

Pour marcher avec une coxarthrose, préférez des sorties courtes et répétées, sur terrain plat, en chaussures amortissantes. Une gêne légère pendant l’effort reste acceptable ; une douleur qui persiste le lendemain signale une dose à réduire, pas une activité à abandonner. Si vos genoux souffrent aussi, les exercices et gestes pour soulager l’arthrose du genou se combinent sans difficulté avec ce programme.

Alléger la charge et s’équiper

La perte de poids en cas de surpoids et l’usage d’une canne figurent aussi parmi les recommandations fortes de l’American College of Rheumatology ; l’Inserm conseille la canne lors des phases douloureuses aiguës. Tenez-la du côté opposé à la hanche malade : elle avance avec la jambe douloureuse et décharge l’articulation à chaque appui. Quelques aides techniques simplifient les gestes devenus pénibles :

  • un enfile-chaussettes et un chausse-pied à long manche ;
  • un rehausseur de toilettes et un siège de douche ;
  • un fauteuil à assise haute, muni d’accoudoirs.

Enfile-chaussettes en plastique souple posé sur un tabouret en bois près d’une chaussette de laine grise

Médicaments et infiltrations, en appui

L’Inserm cite le paracétamol comme antalgique chef de file, même si l’OARSI s’est montrée réservée en 2019 sur son intérêt dans l’arthrose. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens servent lors des poussées, en cures courtes et sur avis médical, car leurs effets sur l’estomac, les reins et le cœur imposent des précautions. Molécule, dose et durée relèvent de votre médecin, selon vos autres traitements.

L’infiltration de corticoïdes, réalisée sous guidage par imagerie car l’articulation est profonde, soulage de façon transitoire. Sa place fait débat : l’OARSI ne l’a pas retenue pour la hanche, alors qu’elle l’admet pour le genou. Si une prothèse se profile, le chirurgien fixe un délai à respecter entre une infiltration et l’opération.

Prothèse totale de hanche : quand l’envisager

Le remplacement par une prothèse de hanche devient une option quand le traitement médical, bien conduit pendant plusieurs mois, ne suffit plus. Aucun âge ni aucun stade radiographique ne déclenche seul l’intervention. La décision se prend avec le chirurgien orthopédiste, sur des critères concrets :

  • une douleur persistante malgré les traitements, y compris la nuit ;
  • un périmètre de marche qui fond, une canne devenue permanente ;
  • des gestes de base impossibles sans aide, comme se chausser ;
  • un sommeil ou une activité professionnelle compromis.

Une prothèse posée pour une coxarthrose se programme, à la différence de l’intervention réalisée en urgence après une fracture du col du fémur chez le senior. Ce délai sert à préparer l’opération : renforcement musculaire, contrôle du poids, traitement d’un éventuel foyer infectieux, dentaire notamment.

Concrètement, la prothèse totale remplace les deux côtés de l’articulation : une cupule dans le cotyle, une tige dans le fémur et une tête sphérique qui s’y emboîte, en céramique, polyéthylène ou métal selon les cas, fixées avec ou sans ciment. D’après l’Inserm, une prothèse dure en général 15 à 20 ans, et l’arthroplastie se montre particulièrement efficace dans l’arthrose de la hanche. Chez un patient jeune atteint de dysplasie, une ostéotomie, qui réoriente l’os, peut parfois retarder ce recours.

Les risques à connaître

Comme toute chirurgie, la pose comporte des risques, détaillés en consultation préopératoire :

  • la luxation de l’implant, surtout dans les premières semaines ;
  • l’infection, rare mais sérieuse ;
  • la phlébite, prévenue par un anticoagulant et le lever précoce ;
  • une légère différence de longueur entre les jambes ;
  • l’usure ou le descellement de l’implant, des années plus tard.

Une petite inégalité de longueur se compense souvent par une talonnette ou une semelle adaptée, sur prescription médicale.

Barres parallèles en bois clair au centre d’une salle de rééducation vide et lumineuse

Rééducation et reprise après la pose

Le premier lever a lieu le plus souvent dès le lendemain, parfois le jour même, avec un appui généralement autorisé. La rééducation se poursuit à domicile avec un kinésithérapeute libéral ou en établissement de soins médicaux et de réadaptation, selon votre autonomie. Deux cannes accompagnent les premières semaines, puis une seule, avant de marcher sans aide.

Après une voie d’abord postérieure, le chirurgien demande en général d’éviter pendant quelques semaines la flexion forte de la hanche associée à une rotation vers l’intérieur, comme croiser les jambes ou ramasser un objet assis sur une chaise basse. Les consignes écrites remises à la sortie priment sur tout conseil général. Conduite, travail et sport reprennent ensuite selon le feu vert du chirurgien : marche, vélo et natation conviennent en général à une hanche opérée.

Prochaine étape : si une douleur de l’aine revient à chaque marche depuis plusieurs semaines, notez les gestes qui la déclenchent et la distance parcourue avant la gêne, puis présentez ce relevé à votre médecin traitant. Ce carnet simple oriente l’examen dès la première consultation.

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