Santé Orthopédique

Orteil en griffe : causes, traitements et chaussage

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Orteil en griffe : causes, traitements et chaussage

Un orteil en griffe reste replié vers le bas au niveau d’une ou de deux de ses articulations, au lieu de reposer à plat sur le sol. Le deuxième orteil est le plus souvent concerné. La bosse formée frotte dans la chaussure et fait naître des cors ; chaussage adapté, orthèses d’orteil puis chirurgie répondent à cette déformation.

Griffe, marteau ou maillet : trois noms pour un orteil replié

Chaque orteil latéral, du deuxième au cinquième, compte trois phalanges reliées par trois articulations, selon la fiche d’information patient n° 12 de l’Association française de chirurgie du pied et de la cheville (AFCP). Des tendons fléchisseurs, sous l’orteil, et extenseurs, sur le dessus, les commandent. Quand leur équilibre se rompt, l’orteil se plie et sa pulpe ne touche plus le sol.

L’Ordre national des pédicures-podologues (ONPP) distingue trois localisations :

  • la griffe proximale, entre la première et la deuxième phalange, couramment appelée orteil en marteau ;
  • la griffe distale, entre la deuxième et la troisième phalange, tout près de l’ongle ;
  • la griffe totale, qui plie ces deux articulations à la fois.

Le vocabulaire varie pourtant d’une source à l’autre. L’AFCP réserve le nom d’orteil en marteau à la flexion de la dernière articulation, et Wikipédia ajoute l’orteil en maillet, où la saillie reste discrète et où l’ongle change surtout de forme. La fiche n° 27 de l’AFCP qualifie même « griffe » et « marteau » d’appellations anciennes, au profit de l’expression déformations des orteils latéraux.

Pour vous, deux questions comptent davantage que le nom : quelle articulation est pliée, et l’orteil se laisse-t-il encore remettre à plat à la main ?

Souple ou fixée : le stade qui oriente le traitement

Au début, la griffe reste réductible : une légère pression du doigt ramène l’orteil dans l’axe. Wikipédia décrit ensuite un enraidissement, puis une possible luxation de l’articulation située à la base de l’orteil. L’ONPP oppose de la même façon griffes souples et griffes rigides. Ce stade conditionne la suite : une orthèse maintient un orteil encore mobile, alors qu’une griffe fixée ne se redresse plus d’elle-même.

Une confusion revient souvent avec le quintus varus. La fiche n° 10 de l’AFCP le décrit comme une déviation du cinquième rayon dans le plan horizontal, avec une saillie sur le bord externe du pied : rien à voir avec une griffe.

Pourquoi les orteils se mettent en griffe

Une griffe a rarement une cause unique. L’ONPP, l’AFCP et Wikipédia citent notamment :

  • des chaussures trop étroites, trop courtes ou à talon haut, qui poussent les orteils contre le bout ;
  • un hallux valgus, le gros orteil dévié cessant de porter sa part d’appui ;
  • un deuxième orteil plus long que le premier, dit avant-pied grec, ou encore un pied creux ;
  • un déséquilibre entre les tendons extenseurs et fléchisseurs de l’orteil ;
  • l’hyperlaxité ligamentaire, l’obésité et la ménopause, rangées par Wikipédia parmi les facteurs favorisants ;
  • une maladie rhumatologique ou neurologique, comme la polyarthrite rhumatoïde ou l’ataxie de Friedreich.

Le lien avec l’oignon est direct. La fiche n° 27 de l’AFCP explique que le gros orteil dévié perd peu à peu son rôle d’appui au sol : les orteils voisins, aux structures moins résistantes, encaissent la charge et se déforment. Les options de prise en charge de cette déviation figurent dans le guide sur l’hallux valgus et ses traitements.

Certaines griffes d’orteils signalent enfin une atteinte générale, que seul l’examen médical relie aux autres signes de la maladie. L’ONPP rappelle aussi l’existence de formes présentes dès la naissance, moins fréquentes que les formes acquises.

Escarpin noir à bout pointu et mocassin bleu marine à bout large posés côte à côte

Cors, œil-de-perdrix, ongle : ce que provoque un orteil en griffe

D’après Wikipédia, la déformation elle-même fait rarement mal ; ce sont les cors qui deviennent douloureux. La fiche n° 12 de l’AFCP explique pourquoi : l’appui quitte la pulpe, zone charnue qui amortit, pour une peau fine et exposée qui s’épaissit en réaction. Selon la position de la griffe, cet hyper-appui se traduit par :

  • un cor sur le dessus de l’articulation pliée, au contact du cuir ;
  • un cor ou un durillon au bout de l’orteil, près de l’ongle, quand la griffe est distale ;
  • un œil-de-perdrix entre deux orteils, cor mou et blanchâtre que l’ONPP attribue à leur frottement ;
  • un orteil qui passe par-dessus ou par-dessous son voisin, ce que l’ONPP nomme supraductus ou infraductus.

Un durillon négligé peut s’ouvrir. L’AFCP décrit une évolution possible vers l’ulcération, porte d’entrée d’une infection de l’os, de l’articulation ou des tissus voisins. Le risque grandit quand la sensibilité du pied diminue : Wikipédia relie le mal perforant plantaire, une plaie chronique de la plante, à certaines formes de diabète marquées d’abord par des déformations comme les orteils en griffe.

Chez une personne diabétique, l’ONPP indique que le pédicure-podologue évalue lui-même le risque podologique, ce qu’il appelle la gradation, et prescrit les soins de prévention adaptés. Pour les grades 2 et 3, de cinq à huit séances par an sont prises en charge totalement chez un praticien conventionné et spécialisé dans ces soins.

Qui consulter, et quels examens prévoir

Pour un orteil en griffe, l’ONPP présente le pédicure-podologue comme le professionnel de première intention : diagnostic, soins de pédicurie, bilan podologique et conseils. L’accès est direct, sans prescription, et depuis la loi du 19 mai 2023 ce praticien peut prescrire lui-même des orthèses plantaires. Le médecin traitant reste l’interlocuteur naturel quand une maladie générale est soupçonnée. Selon le stade, le masseur-kinésithérapeute entretient la souplesse des articulations, le rhumatologue traite les atteintes inflammatoires et le chirurgien orthopédiste prend en charge les formes rebelles.

Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique, précise l’AFCP. Une radiographie étudie généralement les os et les articulations ; l’échographie, le scanner ou l’IRM complètent si besoin, notamment pour explorer la plaque plantaire et les tendons. Le praticien vérifie surtout si la griffe se réduit encore et recherche une cause sous-jacente, à commencer par un hallux valgus.

Soulager un orteil en griffe sans opération

Aucune des sources consultées ne promet de redresser une griffe fixée sans chirurgie. Les traitements conservateurs suppriment le conflit avec la chaussure, protègent la peau et freinent l’aggravation, surtout sur une griffe encore souple. L’AFCP place en tête l’aménagement du chaussage : une chaussure large et souple, voire spécialisée, réduit l’appui sur les zones douloureuses.

Orthoplasties, soins de pédicurie et rééducation

Les orthèses d’orteil portent un nom technique, les orthoplasties. L’AFCP les décrit comme des tuteurs en matière élastique, amovibles et faits sur mesure, qui maintiennent l’orteil dans une position favorable. L’ONPP précise qu’elles peuvent être protectrices ou correctrices, et cite aussi des attelles de posture plus rigides.

Les semelles orthopédiques du pédicure-podologue déchargent les zones douloureuses et rééquilibrent les appuis ; l’ONPP note qu’elles soulagent surtout les griffes réductibles. Les redresseurs vendus prêts à porter relèvent d’une autre logique que ces appareillages moulés sur l’orteil : un avis professionnel avant l’achat évite un modèle qui comprime une articulation déjà saillante.

Orthèse d’orteil en silicone blanc et paire de semelles grises posées sur une serviette pliée

Les soins de pédicurie retirent la corne et apportent, selon l’ONPP, un soulagement immédiat des cors. Leur effet reste temporaire : l’AFCP rappelle que retirer la seule hyperkératose ne règle pas le problème, puisque la déformation demeure. La rééducation et les étirements, cités par l’AFCP en cas de rétraction des tendons, entretiennent la souplesse tant que l’orteil reste mobile ; ils ne redressent pas une griffe fixée.

Opération d’un orteil en griffe : gestes, suites et risques

La chirurgie se discute quand la déformation est trop marquée ou que le traitement conservateur échoue, selon l’AFCP ; l’ONPP y ajoute l’infection récidivante. Le but : retrouver des orteils à plat, pulpe au contact du sol, ou au moins un chaussage large et confortable dans les formes sévères. Le chirurgien agit sur chaque composante de la déformation :

  • l’os, par une ostéotomie qui raccourcit ou réoriente une phalange ou un métatarsien ;
  • l’articulation, par une arthrodèse qui la bloque en bonne position, une résection ou une arthrolyse ;
  • les tendons, par une section, un allongement ou un transfert ;
  • la plaque plantaire, réparée quand elle est distendue ou rompue.

La chirurgie conventionnelle passe par une incision de quelques centimètres, la percutanée par des incisions de quelques millimètres, le plus souvent guidées par la radiographie. L’AFCP indique que les deux s’associent parfois et que l’intervention dure de quelques minutes à une heure. Le séjour se fait en ambulatoire ou dure quelques jours. Les étapes communes aux interventions de l’avant-pied sont présentées dans l’article sur la chirurgie des pieds et sa convalescence.

Après l’intervention

L’appui est généralement autorisé dans une chaussure postopératoire. Certaines broches se retirent quelques semaines plus tard, et l’œdème du pied peut durer plusieurs mois. L’ONPP donne des repères variables selon chaque cas : conduite vers la quatrième semaine, arrêt de travail de six à huit semaines, sport après trois à quatre mois.

L’AFCP liste les risques : raideur, défaut de consolidation, infection, troubles de cicatrisation, phlébite, douleurs persistantes. Elle recommande un arrêt complet du tabac durant les six semaines qui précèdent l’opération et les six suivantes. Au bloc, la check-list de sécurité demandée par la Haute Autorité de santé fait vérifier plusieurs fois l’identité du patient et le côté à opérer.

Cabinet de pédicurie-podologie vide avec fauteuil de soins et lampe d’examen

Bien choisir ses chaussures avec des orteils en griffe

Une griffe réclame de la hauteur à l’avant de la chaussure, pas seulement de la largeur. Avec des orteils en griffe, quelques critères limitent le frottement au moment d’essayer une paire :

  • un avant-pied haut et large, qui laisse l’articulation saillante libre sous le cuir ;
  • une tige souple, sans couture ni renfort rigide là où la griffe remonte ;
  • un talon bas, pour que les orteils ne glissent pas vers l’avant à chaque pas ;
  • une longueur suffisante, sans que le bout des orteils bute contre l’extrémité ;
  • un laçage réglable, qui tient l’arrière du pied sans serrer l’avant ;
  • assez de volume pour accueillir une semelle orthopédique ou une orthoplastie.

Ces critères répondent aux causes décrites par l’ONPP, chaussure étroite ou talon qui pousse les orteils contre le bout. Des repères complémentaires figurent dans le guide des chaussures adaptées aux pieds larges. Quand aucune chaussure du commerce ne convient plus, la chaussure spécialisée citée par l’AFCP se discute avec le pédicure-podologue ou le médecin.

Prochaine étape : pied nu, vérifiez si l’orteil replié se remet à plat d’une légère pression, notez l’emplacement des cors et les chaussures qui frottent, puis présentez ces observations à votre pédicure-podologue.

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